PREMIERS VOYAGES

Tanger, Casablanca, Palma de Majorque, Toulouse, Barcelone, Alicante

Page 4


Page précédente

Index

Page suivante




TOULOUSE

Un certain samedi 6 du mois de mai 1933

dix heures du matin,

Un phono voisin murmurait, tranquille dans un joli soleil :

Joli mois de mai quand reviendras-tu?

Nous apporter des roses ...”

Tranquille aussi, je finissais une toilette lambine (on n’a pas tous les jours à se lever à cinq heures), accompagné de plissage d’habit, rangement de cravates et danses en mesure. Une vraie vie d’étudiant. En plus insouciante encore. “Joli mois de mai quand reviendras-tu?”

Du balcon de ma chambre, j’entends le conciliabule du brave “Souby” :

- Au premier, la chambre au fond.

La chambre au fond, c’est la mienne. Le premier est vite escaladé. On frappe à ma porte.

- Bonjour mon vieux Rodo!

- Bonjour Bernier.

Lui, est grand, ordinaire. Pas très soigné. Et quand il sourit, sa lèvre supérieure remonte très haut, découvrant non seulement de vilaines dents longues et sales, mais encore une gencive proéminente. Il a l’air embarrassé pour me dire :

- Tu sais que je devais partir à Dakar? Mes valises sont expédiées. Mais ma mère est décédée (comme je n’aime pas ce mot protocolaire!) il y a huit jours, a laissé un héritage un peu compliqué. Il faut que je reste quelques jours pour les signatures aux avoués et aux notaires .... Serre te demande....

- Ah! oui, je comprends. Il faut que je parte à ta place.

- Ben! Il parait que tu es le seul qui puisse partir.

Joli mois de mai Quand reviendras-tu?”. Le phono continuait sa sérénade.

Au fond, j’étais ravi de partir. Pensez donc! Dakar, le Sénégal, l’Afrique, le pays des Lions.

Mais la scène se passait un samedi à onze heures. Le dimanche matin part le courrier d’Amérique qui chaque semaine emporte le courrier de Paris à Santiago. Une telle coïncidence se présentant, je prévoyais que Serre m’aurait fait joindre Dakar par le courrier du lendemain. Trente heures d’avion presque sans arrêt!

Toc-toc...

- Bonjour M. Serre

- Bonjour Hédou. Vous allez bien?

Toujours très aimable et prenant chacun au sérieux. Serre est un petit homme tué par son activité. Qui rabat toujours en arrière de grands cheveux noirs qui en veulent à son front. Les yeux qu’il abrite derrière des lunettes d’écaille semblent chercher continuellement un point introuvable, ce qui donne à toute sa personne un air de bonté, penché en avant, pensant, réfléchissant, ronronnant quelque combinaison nouvelle. Il parle très vite et par saccade. Une légion d’honneur à son habit gris rappelle l’emprisonnement à Rio de Oro.

- J’ai besoin que vous partiez tout de suite à Dakar.

Et, pour s’excuser d’une phrase si brusque, il ajoute, alors qu’il aurait pu, ou dû, se taire :

- Oui, n’est-ce pas. Bernier, qui devait partir, me dit que les signatures de l’héritage de sa mère, et je ne sais quel procès en cours, l’obligent à retarder son départ. Vous me rendriez service en prenant l’avion demain matin.

- Très bien, Monsieur Serre, mes valises et moi sommes continuellement prêts. Je peux partir. Je vous remercie d’avoir pensé à moi pour ce voyage.

Alors il a eu un sourire que je lui ai seulement vu 3 ou 4 fois depuis que je le connais. Le sourire d’un gosse à qui on annonce le cinéma. Le sourire d’un homme très actif qui rencontre continuellement des difficultés, des bâtons dans les roues et devant lequel tout à coup, fond une difficulté embarrassante.

- Ah merci beaucoup, vous me rendez service. Préparez-vous. Voyez le service commercial cet après-midi. je vous verrai demain matin au départ du courrier.

On appelle départ du courrier, l’envol de l’avion qui porte le courrier et départ du convoyage, le départ de l’avion qui ne porte que des passagers.

Midi

- Mon vieux, je pars pour Dakar.

- Non, c’est impossible. Avec l’examen de Bordeaux je manque d’opérateurs, c’est impossible que tu t’en ailles avant 12 jours. D’ailleurs je vais voir Serre à ce sujet-là.

- Serre sera absent cet après-midi. Il sera seulement demain au départ du courrier. Il vient de quitter son bureau.

- Écoute mon vieux, je ne peux pas te laisser partir!

Ce que disait le chef de service était vrai. Il manquait d’opérateur. Les PTT ont obligé ceux qui n’ont pas de brevet (et ils sont nombreux) à venir passer l’examen à Bordeaux. Ces pauvres types qui sont dans la radio depuis 6 ou 10 ans doivent se remettre aux études. C’est dur et c’est bien compliqué parce que le temps leur manque et la plupart sont mariés.

Comme en TSF et surtout en aviation, il ne faut jamais penser plus loin que la seconde présente, je pensais uniquement à aller déjeuner.

Ce que je fis.

Après-midi

Tout l’après-midi, le quart de la station était fait par moi.

A six heures Paris m’appelle.

- Allo Toulouse? Pouvez-vous recevoir message?

- Oui, je vous entends, envoyez.

- Voilà : Directeur Paris demande place dans courrier Amérique demain dimanche pour Toulouse-Dakar.

- OK. Bien reçu. Merci.

Alors le calcul était facile. Le pilote, 1. Le radio, 2. Le mécanicien, 3. Le secrétaire du comité de direction qui avait déjà retenu sa place pour Dakar, 4. Enfin l’interprète mauresque qu’on emmène toujours en cas d’atterrissage dans le Rio de Oro. Cela faisait 5. Le directeur, maintenant. Six passagers avec le gros poids du courrier d’Amérique qui est toujours de plusieurs centaines de kilos, le poids limite était atteint. Sur le Rio dangereux, il est souvent plus utile d’avoir de l’essence que des passagers et il y a une limite à la puissance d’enlèvement d’un avion.

Enfin, comme il y a priorité, cela va de soi, pour le directeur, il n’était plus possible pour moi de partir en avion au-delà de Casa.

- Allo? Monsieur Serre? Voilà un télégramme de Paris : Directeur etc. Que faut-il que je fasse, sans place disponible à bord?

La réponse arriva nette, comme si l’événement avait été prévu avant l’arrivée du télégramme:

- Andrault, le pilote qui part pour Buenos Aires vient de me téléphoner. Pour rester un jour de plus chez lui, il rejoint par avion à Alicante l’Alsina qui est parti hier de Marseille. Je vous donne les mêmes indications qu’à lui : prenez l’avion jusqu’à Alicante. Faites le nécessaire pour le passeport, le service médical et prenez l’Alsina. Si l’avion est trop tard pour l’Alsina à Alicante, télégraphiez en l’air et faites atterrir le courrier à Malaga.

- Entendu. OK.

Je préparai les deux valises qui forment un total de 27 kilos et constituent mes seuls bagages que j’ai toujours désiré réduits.

Dimanche matin, 4 heures

Je descends à travers la prairie vers l’aérodrome. Petit jour pourtant déjà marqué. Quelques nuages mais la journée doit être belle. Les pylônes de la station TSF dans le noir. Les lampes qui balisent le terrain brillent encore. J’arrive.

Au poste radio, les amis. Serrements de main. Bon voyage. A bientôt, envoie des cartes. Direction de la piste. Accompagnement. Le jour se lève. Arrivée du courrier. Le douanier. Le postier. On ouvre le hangar. Un immense avion apparaît. Les mécanos s’affairent autour. Plein d’essence fait. Huile bon niveau. Encore vérification. Essuyer les vitres embuées du matin qui gêneraient la vue au décollage.

Sur des petits chariots bas à grosses roues de caoutchouc constituées tout simplement par de gros bibendums, on avance le courrier. La queue de l’appareil repose sur une bascule. Le poids que l’on connaît par les étiquettes des sacs est régulièrement réparti. 200 kilos à l’avant. 500 au milieu. 300 à l’arrière. Tenir compte du poids de l’essence qui pèse à l’avant et du nombre de passagers dans le fuselage.

Arrivée du directeur, du secrétaire de la direction accompagnés de Serre. Ils descendent de voiture. Très gentiment Serre vient me serrer la main.

- Vous avez pu tout préparer?

Le secrétaire de la direction que j’ai connu à Paris. Très gentil. Souliers de golf à grosses semelles. Pantalon de drap gris anglais. Veste sport trois boutons couleur brune, chemise souple, cravate colorée. Cheveux légèrement frisés en arrière. Gants souples genre Neyret, comme les miens et chapeau brun cascadeur. Allure de garçon parisien charmant. Un peu poseur mais charmant. Il a une drôle de façon de tenir ses mains derrière le dos et son chapeau le fond en bas. On aurait vraiment envie de lui jeter quelques cailloux dedans.

Ses bagages. Jolies valises de cuir fauve. Des étiquettes collées : Air Union; Willem Hôtel Nuremberg ; Grand Hôtel Budapest ; Hôtel du Dey, Fez ; etc...

Un appareil de cinéma. Une valise pour les bobines et les films. Un casque colonial. Un grand raglan gris en tweed, une écharpe brun rouge, comme j’en ai tant vu chez Leurren-Pench, Boulevard des Capucines.

Il se souvient m’avoir vu à Paris. Me serre la main. Très simple, très gentil. Un peu poseur mais charmant.

Quelqu’un arrive en bicyclette. C’est le chef de la station qui vient me dire au revoir.

- Mon vieux Hédou, j’ai appris juste cette nuit que vous partiez!

Mes amis m’entourent, on m’offre du saucisson, du pain beurré. Je préférerais des fruits! J’ai emporté des oranges heureusement.

Le car emmène les passagers. Visa des billets, des passeports. On approche un escalier de la porte du fuselage et les passagers entrent dans la cabine.

- Oh! Luxueux, murmure Helbrouner, le secrétaire de direction. Magnifique cet avion!

En effet tout en contre-plaqué noyer avec incrustation, c’est une des dernières sorties des ateliers.

Le courrier d’Amérique est si important que les coffres n’ont pas suffi. Il a fallu en mettre aussi dans la cabine. Nous sommes entourés de sacs “Santiago-Buenos Aires”, “Paris-Rio”. Les pieds sur une grande boîte de bois longue qui doit contenir les bâtis pour l’appareil de prise de vue du cinéma. Très hétéroclite cette cabine de départ pour l’Amérique.

Tous les passagers grand chic. Promenade très parisienne. J’avais revêtu pour ce voyage digne, un complet bleu marine foncé, un pardessus à gros grain gris sport, un Borsalino gris souple sur la tête et des souliers marron foncé avec des chaussettes crème-maïs foncées.

On ferme les portes.

- Personne?

Le mot terrible. C’est pour demander s’il n’y a personne devant l’hélice avant la mise en route. C’est inouï le nombre d’accidents par l’hélice qui arrivent à terre. Il y a trois jours, le fils du marquis de Palaminy, le directeur d’un grand journal de Toulouse, arrive à Rabat venant de Toulouse. Descendant d’avion, il aperçoit sa soeur qui était venue au-devant de lui. Sans réfléchir il traverse droit au travers de l’hélice que, à Rabat, on n’arrête pas pendant l’escale car l’avion repart aussitôt. Le coup a porté juste à la base du crâne. Je ne sais dans quel état il est maintenant.

- Personne?

Plusieurs voix répondent. Car toujours, tant ce mot est terrible, il y a plusieurs personnes pour vérifier!

- Personne.

- Contact!

C’est l’instant. Deux, trois soupirs de l’air comprimé dans les cylindres (car les avions modernes partent à l’air comprimé) teuff... teuff! Un éclatement, puis un autre et enfin le ronflement terrible, fort, étourdissant dans le hangar et que, dans la cabine bien abritée, nous entendons moins. Puis le ronflement semble tout à coup s’arrêter, le pilote a mis au ralenti. Les mécaniciens poussent l’avion en dehors du hangar sur la piste en ciment, puis sur le terrain garni d’herbe.

On cale les roues avec des triangles de bois pour procéder à l’essai au point fixe. Les roues collées empêchent l’appareil d’avancer, cependant que le pilote lève le gouvernail de profondeur; le vent provoqué par l’hélice a tendance à appuyer le fuselage de l’appareil vers la terre, ce qui assure un point fixe stable.

Peut-être vous souvient-il que lorsque Deperdussin faisait ses essais au point fixe sur le terrain provisoire de Château-Billy à la dernière fête d’aviation avant la guerre, le fuselage de son appareil se levait tout droit. C’était peut-être pour émerveiller les gens mais c’était fort dangereux, car il aurait bien pu piquer du nez complètement.

Point fixe. Le pilote met tous les gaz. Vrombissements furieux. Tout frémit, la cabine, les fauteuils, nous-mêmes. On a l’impression fantastique de puissance, l’appareil s’efforce de bondir, il s’efforce et lutte contre les cales de bois sur ses roues et la maîtrise du pilote sur son fuselage. Merveille de mécanique.

Puis tout ralentit. L’essai a été bon, le ronflement très régulier. Serre s’avance vers la carlingue. Le vent de l’hélice rabat sur son oreille le chapeau qu’il maintient de sa main. Le pardessus, la veste, le pantalon, tout cela flotte comme un drapeau par gros vent. Il fait signe. J’ouvre le carreau à glissière. Ce sont les derniers journaux du matin qu’il nous donne pour distraction pendant le voyage. Nous faisons signe de la main, Helbrouner et moi. Le moteur couvre trop nos voix pour nous faire entendre.

- Merci!

Serre répond par un autre signe qui peut se traduire par “Bon voyage”.

Inch Allah - A Dieu va!

Toujours le moteur un peu au demi ralenti. L’avion libéré maintenant roule sur le terrain. Nous prenons la piste un peu à droite... légèrement à gauche... L’avion obéit magnifiquement même à terre. Voilà, nous sommes sur la ligne.

Libre devant. Le jour maintenant complètement venu. Six heures. Un dernier coup d’œil au hangar. Un dernier regard à la terre de France que nous ne verrons plus que de haut, le prochain arrêt sera l’Espagne.

Manette à fond. L’avion roule, le fuselage se lève à l’arrière, les deux roues avant courent seules avec nous, les herbes se couchent au passage, un nuage de poussière derrière nous, les herbes courent, les arbres défilent, vite, très vite, plus vite. Nous venons de dépasser les derniers hangars. Tout l’appareil est secoué rapidement comme une auto sur un chemin de terre, à toute allure nous apercevons le petit sentier du milieu de la piste, il arrive, il se précipite, hop, il est passé, quelques herbes, quelques touffes, des arbres, des chocs, de la lutte pour s’arracher, pour s’évader, gaz forces, manettes, terre, arbres, secousses puis...

... Plus rien, quelque chose de très doux, un glissement, sans nous rendre compte de la réalité surprenante, les arbres sont maintenant au-dessous de nous, nous marchons sur les maisons sans rien sentir, une impression d’anesthésiant sur un malade, un rêve sortant d’une brutalité de cauchemar, la glissade enchantée, du terre à terre violent...

Car dès qu’on a quitté le sol, on n’a plus du tout l’impression de vitesse. J’ai essayé maintenant toutes les façons de voyager. L’avion est la plus prenante de beaucoup.

Deux oiseaux dans l’air

Tout de suite à 300 mètres de haut, nous piquons droit avec un cap de compas à 225 environ. Un soleil très rouge qui colore les nuages. Quelque chose comme de la vapeur d’un gros brasier.

Le radio déroule son antenne de 100 mètres de longueur qui va suivre sous l’appareil. On appelle : “Toulouse? Nous venons de partir, avion France-Amérique”. Alors quelqu’un répond, très fort, très pur, très lisible, parfaitement net :

- Allô. Ici le Graff Zeppelin. Sommes partis de Berlin à 23h30. Suivons votre route sur Espagne, Barcelone, Tanger.

Cela dit dans un français très pur. Comme tout à l’heure nous les entendrons, en excellent espagnol parler aux stations de Barcelone, Alicante, Malaga. Quels hommes que ces Allemands!

Helbrouner est heureux dans son fauteuil. Il dit entre deux magazines, disparu qu’il est sous les nombreux journaux dont il s’est muni :

- Du moment que le Zeppelin est parti pour l’Amérique, ça veut dire que le temps sera magnifique. Ces gens là s’y connaissent.

Et de fait le temps fut superbe. Pas tant que bien des jours cependant. Cette fois la traversée des Pyrénées à Font-Remeux n’est pas possible. Après 3/4 d’heure de route à 225, nous sommes environnés complètement de nuages.

Le pilote “tire” et grimpe au-dessus. 3000 mètres de haut. Virage brusque sur la gauche, il nous faut longer les Pyrénées, c’est trop bouché pour traverser de flanc. Après une heure de route un gros pic sur la droite. Les nuages au-dessous de nous. Le Pic émerge seul d’une mer de coton. Nous avons l’impression d’un paysage de stratosphère saturnien, environné de vapeur. Le soleil rouge qui éclaire tout cela à travers les brouillards ajoute au fantastique.

Le Pic, c’est le Canigou. La vallée est dégagée, nous nous engageons. Helbrouner me passe son appareil photo. Je suis du côté droit de l’avion.

- Photographiez-moi le Canigou.

J’arrange l’objectif pour saisir un peu des ailes comme se doit toute bonne photo “prise d’avion”. J’attends quelques minutes. L’avion s’est engagé dans la vallée. Il tourne Cap 190. Nous avançons. Parfait dans le viseur. J’appuie. Clic! Le Canigou est fixé pour l’éternité.

Il est défendu de prendre des photographies à bord d’un avion”. C’est le règlement international de Bruxelles qui le dit, et une étiquette glacée dans l’intérieur de la cabine le rappelle aux passagers!

Frontière! Adieu France!

Dsib! dsin! boum ba da boum!

Le versant des Pyrénées côté Espagne est toujours plus chaud et donc plus dégagé. Et puis l’heure s’avance, le soleil se lève, donc les brouillards se dispersent. “Le soleil est levé, disparaissez étoiles! ”. Une phrase aussi profondément mémorable! Nous disons “Disparaissez brouillards”. Évidemment moins poétique. Mais comme c’est plus charmant. Non pas la phrase, mais l’absence de brouillard.

Alors on voit tous ces minuscules petits villages perdus dans les Pyrénées à des milliers de mètres d’altitude. Jolis petits toits roses. Et puis ces multitudes de petites touffes vertes qui sont des arbres épars, et la pierre uniformément gris sur gris. Les rochers gris et l’eau blanche et verte. Un magnifique panorama où il faut surtout admirer les couleurs.

Comme je voudrais un chapeau qui ait la teinte grise de ces roches! et un sweater qui soit du bleu vert de ces arbres! et une écharpe qui soit d’argent comme l’eau qui coule des pics!”

Méditerranée. Croisillons de ciment craquelés en carrés! Barcelone.

Terrains de sport, encore terrains de sport. Tennis et la magnifique autostrade. Rigolo comme un étalage “du Printemps”, ces centaines de petites autos qui courent sur le bitume. Et ici un petit pont. Et là, le port. Avec quatre vapeurs dedans, un hydravion, des barques à voile. Le train, la gare, les rails, tiens! un train qui roule tout doucement (il fait peut-être du 80), un petit chapeau allongé de vapeur qui le suit.

Nous descendons très fort. Bourdonnement aux oreilles. On ouvre la bouche et fait marcher les mâchoires de temps en temps, les bourdonnements cessent. Déjà nous pouvons distinguer les hommes, les êtres humains, de petites choses qui n’ont pas l’air de remuer et pourtant qui bougent de place !



Index

Page suivante